Le passé est passé

 » Accepte ce qui est. Laisse aller ce qui était. Aie confiance en ce qui sera. » Bouddha

Aaaaah ce passé. Je ne sais pas pour toi, mais pour ma part, c’est une partie de ma vie que j’ai souvent eu envie de gommer. Une enfance compliquée, des troubles du comportement alimentaire, une impression incessante de ne « pas être comme les autres ».

Gamine, j’étais rondouillette, repliée sur moi-même la plupart du temps, avec le sale sentiment de n’avoir ma place nulle part. Je n’ai jamais eu de mal à me faire des amis parce-que, déjà à l’époque, je me sentais investie d’une mission : aider les autres. Au détour d’un coup de main sur ci ou sur ça, je me faisais des potes. Par contre, les amoureux, c’était pour les copines. Pas pour moi. Ronde, c’était synonyme de moche.

En maternelle, j’aidais mes camarades de classe à finir leurs exercices quand je terminais les miens. En primaire, on me demandait d’accompagner une élève coréenne avec qui je devais parler anglais. Toutes ces années, les professeurs avaient déjà dû voir quelque chose en moi que je ne savais pas encore analyser. Ils misaient sur moi. Alors quand on attend de toi toujours le meilleur, toujours la bienveillance, toujours l’obéissance, la droiture, un jour, tu craques. C’est ce qu’il s’est passé au collège.

Rébellion.

J’ai fait le bazar en classe, me suis alliée à un groupe de mecs (j’ai toujours préféré être avec des mecs, aujourd’hui encore !) pour faire des batailles de boules de gomme (ouais je sais, du haut niveau !), me suis mise à fumer (ne jamais accepter la première !) et du clan des « premiers de la classe » suis passée à celui du « fond de la classe ». Et même à ce moment là, alors que je faisais n’importe quoi, mes professeurs croyaient en moi ! C’en était même dégueulasse pour mes camarades qui eux, prenaient cher pour leurs bêtises quand moi, on me demandait ce qu’il se passait pour que je change de comportement comme ça, qu’on en attendait plus de moi, que je pouvais faire mieux, que je DEVAIS faire mieux (encore désolée les gars !).

Merde. Vous me faites chier.

C’est ce que j’ai pensé. C’est ce que j’ai dit. Parce-que même quand j’ai essayé de sortir du droit chemin, on m’y ramenait. Même quand je voulais faire partie des « gosses normaux », je savais que je n’y avais pas ma place. Vous l’aurez compris, c’était ma petite crise d’adolescence express. Ca a duré 6 mois tout au plus. Puis je suis retournée à l’avant.

Et sans vouloir être sexiste, qui dit à l’avant dit souvent avec les filles. Pfiouuuu… Les filles… Là encore, je n’ai jamais trouvé ma place auprès d’elles. Celles que je côtoyais à l’époque m’ont fait énormément de mal. J’étais naïve, oui. Trop généreuse, oui. Mais méchante, certainement pas. L’empathe qui est en moi n’a jamais réussi à faire de la peine ou du mal volontairement. Même les araignées je les fous dehors ! (Non ne criez pas !)

Ce qu’on appelle aujourd’hui le harcèlement scolaire a fait parti intégrante de ma vie durant une longue, très longue année. Ca peut paraître bête, mais de la jeune fille bien dans sa peau malgré ses quelques kilos en trop, qui traine avec ses potes à la sortie du collège et profite de la vie, je suis passée à la jeune fille tortue, qui courbe l’échine pour éviter les coups, s’arme de larges vêtements pour passer le plus inaperçu possible et étouffe tristesse et peur à grands coups de gâteau/pates/fromage/pain/tout-ce-qu’il-reste-dans-les-placards. J’ai pris 40 kilos en 1 an, ai choisi un lycée loin de chez moi pour éviter de recroiser leur chemin, ai abandonné tous mes projets d’avenir professionnel. Je me suis perdue. Je me suis détestée d’être faible et de les laisser faire de moi une loque.

Et puis un jour, je me suis regardée dans les yeux. Pas comme quand on veut se maquiller hein, et que notre regard divague, non, je me suis regardée dans les yeux comme quand on cherche à communiquer avec son âme. Oh ! Le choc. J’y ai vu celle que je suis réellement. Une jeune femme forte, battante, grande gueule par moment mais extrêmement sensible à d’autres. Le réveil !

Je ne leur en veux plus, j’ai « pardonné ». Je n’oublierais jamais puisque cette période a totalement changé ma vie. Celle que je suis. Je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui sans ce passé parfois houleux mais je m’en fiche. Aujourd’hui, je suis celle que j’ai toujours eu envie d’être. J’ai traversé des chemins semés d’embuches, les cicatrices parlent d’elles-mêmes, mais je suis là où je veux être.

Ouuuuuah je me suis égarée ! En fait, j’ai eu une discussion récemment avec une femme superbe qui se sent(-ait) faible parce qu’elle n’arrivait pas à être celle qu’elle voulait être. Parce qu’elle se laisse(-ait) influencer par les attitudes néfastes des autres. Je lui expliquais qu’on a toutes des moments où l’on ne se reconnait pas, où l’on se sent fragile et vulnérable. Où la « vraie nous » intérieure hurle qu’on la laisse sortir et qu’on lui répond « chuuuut c’est pas encore le moment ». Et c’est atroce parce qu’on sait qu’on est plus fort(e) que ça ! On sait qu’on vaut mieux que ça ! Mais quelque chose de plus fort nous tient par le cou et nous empêche de nous réveiller, de nous élever. Ce qui ne veut absolument pas dire que nous sommes faibles. Simplement que nous sommes fragiles. Que nous avons des failles. Que nous sommes humain(e)s. Et quelle force de caractère que de s’apercevoir que l’on n’est plus nous même et que l’on doit faire quelque chose pour y remédier, quelle preuve de maturité que de savoir à quel moment demander de l’aide pour y arriver !

Peu importe notre vécu. Le passé, c’est ce qui fait de nous les adultes que nous sommes. Ecorchés souvent, mais forts de s’être relevés à chacun des coups. On ne peut l’oublier. On ne peut le cadenasser en espérant qu’il disparaisse. On se doit de l’affronter et d’en faire une force. La fragilité n’est pas la faiblesse. Si l’on se perd, il n’est jamais trop tard pour se retrouver.
Il n’est absolument pas question que je remercie celles et ceux qui un jour, ont fait de ma vie un enfer. Par contre, je me félicite chaque jour d’avoir su relever la tête, d’avoir essayé chaque matin d’être une meilleure personne qu’eux. Je remercie ces gens qui ont cru en moi. Je me promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que mes enfants ne soient jamais ni victimes ni bourreaux. Et je fais en sorte de m’entourer de gens qui me veulent du bien. J’éloigne progressivement les ondes négatives, les gens envieux, ceux bourrés de jugements, les catégoriques sur tous les sujets du monde. Pas parce qu’ils ne sont pas de bonnes personnes, ça n’a rien à voir. Plutôt parce que ces personnes, un jour de fragilité extrême, peuvent me faire retomber dans la souffrance ou la négativité et NO WAY. Si t’as pas un t-shirt avec marqué « GOOD VIBES INSIDE* » le videur ne te laisse pas rentrer ! C’est le dress-code. C’est peut-être méchant. Ou triste. Mais ça me protège et vous savez quoi ? Il arrive un moment où l’on doit penser à NOUS.

Et toi ? Tu t’es regardé dans une glace ? Dans les yeux !

*ondes positives à l’intérieur


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s